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17 août 2011

Judaïsme du foyer ou judaïsme de synagogue? Les bénédictions du matin

Le judaïsme est-il confiné à la synagogue ou accompagne-t-il notre vie quotidienne?
Pour le Talmud et pour Maïmonide (12iem s.), les bénédictions matinales se font au fil des actes du réveil et leur ordre est variable, selon Amram Gaon et son sidour (9iem s.) ces bénédictions se disent selon un ordre fixé. Les sépharades ont l’habitude de suivre l’opinion de Maïmonide, les ashkénazes se rallient quant à eux aux autorités qui prônent la récitation fixe. A qui donner raison? A Maïmonide ou au Talmud ? Aux sefardim ou aux achkenazim ? Faut-il choisir la spontanéité ou la rigueur? L’individuel ou le collectif? Le flexible ou le systématique?

D’après de Talmud, suivi par Maïmonide, les bénédictions du matin accompagnent les actes de notre lever: ouvrir les yeux, s’étirer, faire quelques pas, s’habiller, lacer ses chaussures, tous ces actes sont l’occasion de prononcer des bénédictions, des paroles de bien, de broder de sens l’étoffe de notre quotidien.
Le quotidien est le premier lieu du sens. Nous ne pouvons que donner raison à cette approche. Le spontané, l’individuel, le flexible, jouent dans nos vies une place fondamentale.

Cependant, selon d’autres autorités, ces bénédictions sont dites dans un certain ordre, et appartiennent à la prière collective. Pourquoi? Une fois prédéfinie, la pratique peut se célébrer en commun, donner un sentiment de partage, une beauté particulière. L’habitude tresse un cocon doux dans lequel il est bon de se replonger, comme on aime retrouver nos amis ou les lieux de notre enfance. La constance, le collectif, la fiabilité sont essentiels dans nos vies.
Il faut souligner le fait que l’expérience « occasionnelle », qu’elle soit quotidienne ou hebdomadaire (ou annuelle) de la célébration collective alimente et renforce le sens du quotidien, de chaque minute, du matin au soir, en passant par l’après-midi ערב ובוקר וצהריים. Ainsi, la constance, le collectif, la permanence, jouent un grand rôle stabilisateur pour soutenir notre spontanéité et notre esprit d’aventure et d’entreprise.

La réponse à ce pseudo dilemme ne vous surprendra pas : les deux approches ont raison, et le mieux est de les marier. Premièrement, on peut chercher, dans ce qu’on aime appeler « le rituel du réveil », ce qui se prête à la bénédiction et prononcer les bénédictions adéquates. De façon générale on alimente ainsi notre désir de rester proche du sens de nos vies au fil de notre quotidien. Deuxièmement, à un rythme choisi, on peut venir se ressourcer dans des expériences collectives, qui encouragent et rafraichissent les couleurs de nos pratiques quotidiennes.

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